
Très choquée, l'athlète française a raconté, vendredi, à la presse, son interpellation musclée à Saint-Denis et sa garde à vue.
Il y a cette «claque dans la gueule», ces insultes racistes («tu crois qu'on fait ça en Afrique»). Mais, de tout ce qu'Eunice Barber a raconté, vendredi à la presse, de son interpellation samedi dernier, le plus choquant, c'est cette phrase d'excuses d'explications ? qu'une policière aurait prononcée après que Barber a mis un terme au traitement musclé en dévoilant son identité : «Vous savez, une Black dans le 93 qui se fait interpeller, c'est une gifle.» Le tarif habituel en quelque sorte. Quelques scènes qu'elle aurait vécues dans les commissariats (Saint-Denis, puis Bobigny), après son identification, sont aussi gratinées : un des «flics» «qui l'avait violentée» essaie de taper la discussion avec elle ; d'autres s'enquièrent de la date de sa prochaine compétition. «D'un coup, tout le monde a voulu être très gentil, s'est indignée Barber, mais moi, je veux vivre normalement, je veux être traitée en tant qu'être humain, pas en tant qu'Eunice Barber.»

Dix chaînes de télévision et sept radios se mobilisent de vendredi à dimanche soir en faveur du Sidaction, association qui redistribue depuis 1994 les fonds récoltés à moitié pour la recherche, à moitié pour les associations. Dès à présent, vous pouvez appeler le 110 ou vous connecter sur le site internet de Sidaction afin de faire vos promesses de dons. En 2005, Sidaction avait réuni 4,5 millions d'euros qui ont permis de financer des programmes de recherche fondamentale, d'aide aux malades, de prévention, en France et à l'étranger. Ce week-end, les chaînes de télévision hertziennes mais aussi thématiques ainsi que la plupart des radios consacreront tout ou partie de leurs programmes à la lutte contre le sida. L'an dernier, le décès du pape en plein Sidaction avait interrompu une partie des émissions. Espérons que l'actualité sociale sur le contrat première embauche (CPE) ne sera pas une nouvelle occasion pour les chaines d'interrompre leurs émissions.
À l'occasion du Sidaction, Xavier Bertrand a reçu hier, jeudi 30 mars, les associations de lutte contre le sida et l'équipe de Sidaction avant de tenir une conférence de presse afin de détailler son programme d'action. Outre la bonne volonté affichée par un Xavier Bertrand qui a décidément du mal à imposer son image, les pouvoirs publics manquent d'une vision forte. On attendait des mesures nouvelles, notamment une prise de position sur l'assurabilité des malades et sur la prise en charge à 100%, aujourd'hui mise à mal par la réforme de la Sécu. On a eu droit à l'énumération des mesures déjà annoncées, comme le préservatif à 0,20 € dans les établissements d'enseignement dès la rentrée (mesure souhaitée par Jacques Chirac en décembre dernier) et la mise en place d'un groupe d'experts, présidé par le Pr Yéni, qui est chargé d'émettre d'ici juillet 2006 des recommandations thérapeutiques. Xavier Bertrand a promis de relancer le plan triennal de lutte contre le sida, d'accélérer la mise à disposition des subventions aux associations et a annoncé que le nombre de campagnes de prévention passerait de deux à quatre. Mais alors que télévisions et radios se mobilisent ce week-end, le ministre a manqué une occasion de redonner du souffle à la lutte publique contre le sida. Source : Têtu














